A occasion de la Journée Portes Ouvertes (11 juin 2017) de l’aérodrome de Soissons Courmelles (LFJS), je m’étais promis de rencontrer des membres de l’association Vintage Aero Passion (http://www.vintage-aeropassion.com) et en particulier Francis Pelletier. En effet, lors du meeting d’Epernay 2015, j’avais beaucoup apprécié sa démonstration en vol sur Boeing Stearman (N4561N) en compagnie de celui de François Forget (F-AZUD). J’ai demandé s’il était possible de faire un vol dans l’après-midi car cet avion fait partie des machines qui me font rêver. la réponse a été immédiate et je suis passé de l’autre coté des barrières, sur le parking avion.
En un rien de temps, l’avion a été poussé un peu en avant pour ne pas souffler les spectateurs au démarrage du moteur. Je me suis retrouvé équipé d’un parachute siège et harnaché en place avant, Francis m’ayant bien brieffé autant pour l’utilisation du parachute en cas d’urgence, que sur l’utilisation des poignées incluses dans le bord de fuite de l’aile supérieure qui aident à se laisser doucement descendre dans le baquet de la place avant
Francis me fait ensuite un briefing amphi-cabine me présentant les instruments de bord indispensables à la gestion du vol et du moteur, sur la photo ci-dessus de haut en bas et de gauche à droite, la boussole indiquant l’orientation magnétique de l’avion, puis l’indicateur de vitesse marqué en nœuds marins (1Kt =1852M/h). Ici ce n’est pas le cas puisque l’avion est de construction américaine, mais l’indicateur de vitesse est souvent surnommé « Badin » du nom du constructeur français qui en fabriqua pour les avions français . C’est l’occasion de m’indiquer les trois vitesses de base importante à connaitre avant décollage : 60 Kt vitesse de décollage, 70 Kt vitesse en montée et 90 Kt vitesse en croisière. Au milieu se trouve la bille aiguille qui permet de savoir si le virage est correct la bille se trouvant alors au milieu de l’indicateur, dérapé si elle est à l’extérieur du virage ou glissé si elle est à l’intérieur du virage, l’aiguille indiquant l’angle d’inclinaison de l’avion. A droite se trouve les indication de pression d’huile et de température moteur. En dessous l’altimètre indique l’altitude en pieds ici réglé sur la pression au niveau de la mer, d’où les 550 ft, en fait le terrain de Soissons se trouve à 510ft d’altitude. au milieu l’horloge indispensable et à droite le compte-tour moteur ()R.P.M : Revolution Per Minute)
Après avoir fait faire à la main un certain nombre de tour à l’hélice, la Check-list mise en route du moteur va pouvoir commencer, grâce au système intercommunication de la radio, je vais pouvoir entendre dans mon casque Francis la dérouler à haute voix :
Contact général : sur ON
Alternateur : Off
Richesse : plein riche
Injections : 2
Démarreur sur ON : 2 tours hélice puis Magnetos sur 1+2
Alternateur : ON
Radio ON
Transpondeur: ON
Strobes light : ON
Pression huile : 70 psi
Température : 20° mini pour roulage 30° mini pour décollage
Essence : Quantité et temps de vol
Essais radios : OK
Puis viennent les essais moteur, et enfin quand ceux ci sont terminés, Francis informe la tour du début de roulage du Boeing Stearman vers le bout de piste 25. Comme avec tout avion à train classique -avec une roulette de queue- il faut être prudent au roulage car la visibilité vers l’avant est très réduite, la seule solution et des slalomer doucement et d’écouter le trafic à la radio.
Une fois aligné, le pilote verrouille la roulette de queue, pousse la manette des gaz, alors que l’avion commence à accélérer, il vérifie que tous les paramètres moteurs sont dans le vert, puis on sent que la queue se soulève et que l’avion se met en ligne de vol. Alors que la vitesse de 60 Kts est atteinte, il es temps de décoller selon les consignes de l’US Navy….! ensuite on maintient 70Kts pendant la montée initiale jusqu’à la mise en palier, où on réduit les gaz à 1850 t/s et on accélère jusqu’ à 90Kts et la on découvre le plaisir de voler avec un avion historique, la t^te à l’air libre.
On resterait volontiers des heures à voler ainsi par beau temps, mais après une large boucle autour de la ville de Soissons, il est temps de rentrer vers le terrain et d’intégrer le circuit de piste. Vu le trafic peu coopératif du jour et c’est euphémisme de le dire, Francis dû faire deux remises de gaz avant de pouvoir se poser, avec un super « kiss landing » que j’ai apprécié à sa juste valeur. Merci Francis pour ce vol que tu m’as fait partager et qui restera gravé dans ma mémoire de pilote comme l’un des vols particulier et magique que j’aurais pu effectuer. Si l’envie de faire comme moi, un vol inoubliable sur Boeing Stearman avec Francis Pelletier, c’est possible en le contactant via Vintage Aéro Passion qui est une association de loi 1901 ayant pour but de rassembler tous les passionnés d’aéronautique et d’avions anciens.